La frugalité est une dimension importante de mon activité professionnelle. Et quand je sors du travail, je continue bien sûr d’y penser.

Et cette frugalité, qui va à l’encontre de nos comportements sociaux et économiques, est difficile à adopter.
Mais, heureusement, il y a la trottinette et le curvomètre !

Trottinette et curvomètre

Le curvomètre est un outil de mesure de la vitesse maximale d’un véhicule. Il y en avait pour les scooters mais débrider un 50 cm3 est passé de mode. Par contre pour les trottinettes, qui ne sont pas limitées en puissance, l’outil reprend du service dans les polices nationale et municipales pour contrôler la limite à 25 km/h.

Ce qui est passionnant avec les trottinettes c’est qu’on limite la vitesse du véhicule plutôt que la vitesse du conducteur. Et c’est ça qui modifie, à mon sens, le modèle social de la mobilité.

Le fonctionnement se retrouve, en mieux ou en pire selon le point de vue, pour les vélos électriques, qui sont limités en vitesse (25 km/h) et en puissance (250 W). À noter que des modèles plus puissants existent, mais ils entrent dans le cadre légal des cyclomoteurs.

Impacter le modèle social, vraiment?

La voiture est indéniablement un objet social, souvent un reflet polluant du statut individuel, et la frugalité passera par l’adaptation des voitures. La question que je pose ici est celle de la transposition du modèle des trottinettes aux voitures.

Les législations sur les trottinettes sont apparues en même temps que les trottinettes. C’est passé crème.

Ce sera autrement plus difficile de transformer le marché automobile, cela prendra du temps et passera par l’Europe. Mais voyons à quoi cela ressemblera.

Séparer l’utile du sportif

En écrivant ces lignes, je me promène dans Paris et, au feu, patiente une superbe Porsche Taycan, toute électrique et toute inutilement rapide. J’ai vérifié après, entre 240 km/h et 305 km/h selon le modèle.

Comme la vitesse est limitée à 130 km/h, nous devrions imposer cette vitesse comme limite des véhicules. Naturellement. Comme pour la trottinette.

Tout le reste deviendrait un usage sportif, sur circuit, avec des véhicules qui ne sont pas homologués pour les routes.

Imposer 130 km/h donc, électroniquement tout d’abord, puis concevoir ensuite les voitures autour de cette contrainte.

Et imposer de la même manière 50 km/h en ville, en durcissant l’ISA déjà en place depuis 2024. Ce qui amènera au développement de davantage de véhicules urbains conçus pour 50 km/h.
Je ne propose pas de limiter la puissance, car le besoin de puissance dépend de l’usage, mais c’est tentant. Bon, ça viendra tout seul, aussi.

Et dans ce nouveau cadre, à quoi ressembleront les voitures?

Les voitures seront certainement beaucoup plus légères, sans pour autant plus de changement que ça à leur taille ou à leur forme.

C’est à nous de construire un modèle dans lequel les véhicules se différencieront par une autre critère que leur vitesse de pointe !


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